Kub

Des cahiers d’école aux feuilles volantes, KUB dessine depuis toujours. Originaire de Lille, dans le nord de la France, il s’est intéressé, très jeune, à la peinture. Rembrandt, le maître du clair-obscur, est son premier coup de foudre artistique. Depuis l’enfance, il accumule ses propres croquis d’observation et archive une quantité industrielle d’images prises au hasard. Le début des années 80 marque l’arrivée d’un nouveau cinéma d’anticipation et de science-fiction. Il a 15 ans, il est véritablement scotché par Blade Runner qui devient, au-delà du film, une source d’inspiration. Il découvre l’univers du réalisateur Ridley Scott et se passionne pour le travail sombre de Hans R. Giger, les compositions organiques et végétales de Antoni Gaudi, l’art nouveau et les dessins préparatoires de Hector Guimard. Il poursuit ses carnets de croquis à la ligne claire et choisit un cursus dans les arts appliqués. En 1989, KUB décide de s’installer à Paris pour suivre les cours de l’atelier du plasticien Philippe Bérino. L’apprentissage y est pléthorique, à la fois académique : croquis, perspective, nus, nature morte… créatif et expérimental : sculpture, collage, sérigraphie, happening… La même année, il prépare les concours d’entrées aux écoles supérieures des arts décoratifs de Paris et de Strasbourg.

Sans cesse dans les musées à griffonner et à observer, il va être fortement influencé par la matière et les compositions des carcasses d’animaux de Chaïm Soutine. Les années 90 marque l’arrivée de la révolution informatique dans les métiers de l’édition. Impressionné par le potentiel de ces nouveaux outils, il décide de se lancer dans la direction artistique en agence, puis chez l’annonceur. Le début des années 2000 est l’occasion de très nombreux voyages dans le cadre de son travail. KUB découvre New York, à de nombreuses reprises, en compagnie de créateurs et de photographes. Il se passionne pour la Factory d’Andy Warhol, l’underground et la contre-culture subversive des années 60 et 70. Il poursuit des expériences sur des collages et des scans en superposition et devient un inconditionnel du peintre Jean-Michel Basquiat et du photographe Jean-Baptiste Mondino avec qui il travaillera, à deux reprises, un peu plus tard.

Après cette longue période de gestation, il montre pour la première fois son travail. Les œuvres sont perçues comme inclassables et étonnantes. On ressent la maîtrise d’un « style », des compositions, du contraste… l’impact de la couleur. Par un effet de zones et de couches, la matrice qui forme le visuel se révèle. L’image digitale est un mille-feuilles où les formes et les traits, exécutés à la main, se superposent.

Nous sommes à la frontière où la photographie devient graphisme.